Façade genevoise en rénovation au crépi isolant à l'aérogel, échafaudage bâché Bertolit le long d'une ligne de tram
Façade genevoise en rénovation au crépi isolant à l'aérogel, échafaudage bâché Bertolit le long d'une ligne de tram
23.07.26
Vie de chantier

Préserver oeuvre du patrimoine immobilier de Genève en respectant la mise en conformité énergétique

Des façades qu’on ne pouvait pas épaissir

Quatorze façades protégées, chacune avec une exposition et une teinte différentes, sans modifier leur épaisseur tout en améliorant les performances énergétiques de l’ensemble du bâtiment. Voilà le défi que nos clients nous ont confié.

Poser une isolation extérieure classique en laine de roche revenait à ajouter une surépaisseur sur chaque mur. Sur une construction neuve, personne n’y prête attention. Ici, elle aurait noyé les corniches, avancé les encadrements et aplati le relief des façades. La Commission des Monuments, de la Nature et des Sites a suivi le dossier de près. Elle a validé les teintes définitives nuance par nuance, pour ne pas trahir l’écriture d’origine du quartier.

Un enduit isolant en faible épaisseur

L’aérogel a réglé l’équation. Ce matériau compte parmi les plus isolants qui existent, avec une conductivité thermique de l’ordre de 0,028 W/(m·K). En clair, il offre une vraie performance sous une couche fine, là où un isolant courant réclamerait le double d’épaisseur. Le revers, nous ne le cachons pas. Le système coûte plus cher, se pose en davantage d’étapes et exige des équipes formées. Nous réservons ce type de crépi isolant à l’aérogel aux chantiers où chaque centimètre et chaque nuance se négocient.

Solution Conductivité thermique λ Ce que ça impliquait sur ces façades
Laine de roche (isolation extérieure classique) ~0,035 W/(m·K) Surépaisseur incompatible avec les encadrements et les décors
Crépi isolant à l’aérogel ~0,028 W/(m·K) Couche fine, relief des façades préservé

Douze étapes, autant de temps de séchage de plusieurs semaines à respecter

Rien à voir avec un crépi ordinaire mis en oeuvre en une fois. L’ensemble des couches sont mises en place successivement et chacune doit sécher selon des exigences très précises afin que la qualité du travail soit assurée:

  1. piquage et évacuation des anciens crépis  ;
  2. rincage des façades ;
  3. pré-giclage de la couche d’accrochage;
  4. application du crépi isolant aérogel ;
  5. en fonction de l’exposition de la façade pour que le matériau, humidification, fermer le crépi, température, humidité de l air, période d’exécution ;
  6. application de la couche de durcisseur – humidification ;
  7. temps d’attente de 4 semaines ;
  8. couche d’accrochage pour le crépi de finition ;
  9. pose du treillis de renfort noyé dans une couche d’encollage ;
  10. seconde couche de colle de recouvrement ;
  11. crépi de finition ;
  12. joint souple de raccord de finition : de matériaux différents se rencontrent par exemple du crépi raccord entre crépi et pierres.

Un séchage, trop rapide du crépi, isolant aérogel courrait à sa pérennité ou à sa stabilité dans le temps.

Zoom sur une étape primordiale : Humidification de l’aérogel.

L’étape, la plus délicate. Elle nécessite de la formation et de l’expérience pour une application sans faille dans le protocole.

Un défi à prendre ?

Ne pas prendre des personnes expertes dans la pose d’aérogel pourraient emmener à une reprise complète de la façade. Donc un protocole repris à 0 avec plus que 100 % de la prestation à envisager pour le client.

La météo commande le tempo. Le froid, la canicule, l’humidité ou le plein soleil peuvent accélérer une phase comme la bloquer. Un support trop sec doit être mouillé avant application pour éviter que l’enduit ne prenne mal. Sur ce genre de chantier, le planning se lit autant sur le bulletin météo que sur le calendrier.

Travailler au pied du tram, en site occupé

Protéger la rue avant de toucher au mur

Une des contraintes du chantier était de maintenir la vie du quartier, les commerces, les passages ainsi que la circulation des occupant, des automobiles et trams.

  • protection des piétons et des véhicules ;
  • protection des commerces et des vitrages ;
  • limitation des projections pendant le nettoyage ;
  • récupération des eaux de lavage et d’hydrogommage, jamais rejetées sur la chaussée.

Nettoyer sans abîmer la pierre

Chaque support a sa fragilité, donc sa méthode. Nous effectuons un hydrogommage (nettoyage très basse pression avec projection d’un grain non agressif sur les éléments les plus délicats, un sablage dosé sur ce qui le supporte, et un soin particulier aux ornements. Ce nettoyage adapté des façades obéit à une règle simple que nous répétons aux équipes. On restaure, on ne dénature pas.

Notre philosophie : On ne fait rien d’irréversible : on ne creuse pas la pierre, on la nettoie selon le principe de conservation des sites sans les altérer.

Deux imprévus ont marqué le chantier

Le premier imprévu tient au tram, à quelques mètres des façades. Monter et démonter certaines travées d’échafaudage a obligé à couper la circulation et à intervenir de nuit, pour gêner le moins d’usagers possible. Chaque opération s’est préparée en amont avec l’exploitant et les autorités.

Le second est venu de l’usine. Une rupture temporaire de fabrication qui a privé le chantier de crépi aérogel pendant plusieurs semaines. Nous avons redéployé les équipes sur d’autres opérations, gelé les façades en cours, puis repris dès le retour du produit. Le surcoût d’organisation a été réel et la rentabilité en a pâti. La qualité d’exécution, elle, n’a pas bougé.

Sept entrées, sept dossiers

Le plus exigeant n’est pas toujours technique. Les 7 entrées se pilotent comme 7 chantiers distincts, chacune avec ses situations de travaux, sa facturation et son suivi d’avancement. Certains diagnostics, comme les investigations amiante, sont même traités entrée par entrée. Cette organisation court sur toute la durée des travaux et ne tolère aucun écart.

Une performance qui dépend de toute l’enveloppe

Les fenêtres, maillon resté faible

Pour des raisons patrimoniales, les menuiseries en chêne du 19eme siècle n’ont pas été remplacées.

Le photovoltaïque comme prochaine étape

Afin de favoriser la performance énergétique, la pose de panneaux photovoltaïques est en cours.

Confier une façade sensible à Bertolit SA

Ce chantier résume notre philosophie de travail. Améliorer la performance énergétique de l’enveloppe du batiment sans altérer la valeur patrimonial de l’immeuble. Gagner en énergie sans rien perdre du bâtiment, au sein d’une ville qui continue de vivre.

Entreprise générale active à Genève depuis plus de 60 ans, BERTOLIT SA mène ce type d’opération de bout en bout, du crépi aérogel jusqu’à la logistique d’un site occupé. Vous avez une façade ancienne à rénover ou une contrainte patrimoniale à lever ? Parlons de votre projet.

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